Les OPEX

HERACLES - de décembre 2001 à juin 2002

Dans le cadre de la mission baptisée "Enduring Freedom", qui a mobilisé 17 forces de l'OTAN contre l'Afghanistan, la France envoie un groupe naval autour du  porte-avions Charles de Gaulle. Cette participation française est nommée HERACLES. Ce sont tout d'abord les Rafale M1 et M2 qui ont embarqué à bord du porte-avions français. Aux côtés de 16 Super-Etendard notamment, ils assuraient des missions de contrôle du trafic aérien au dessus de l'Afghanistan, tout en défendant la flotte française lors de l'opération. Les autres Rafale de la flotille 12F, les M3, M4, M5, M6, M7 et M8 vont ensuite rejoindre eux aussi le Charles de Gaulle et prendre part au déploiement français. Il seront de retour, après 7 mois d'opérations, à la BAN de Landivisiau en juillet 2002.

 

AGAPANTHE 04 - De mars 2004 à mai 2004

Les 8 Rafale qui avaient pris part à HERACLES repartent en mission : toujours au standard F1 et à partir du Charles de Gaulle au dessus de l'Afghanistan, ils seront associés à des Mirage 2000-9 des Emirats Arabes Unis ou encore des Sea Harrier indiens et des F-14 / F-16 américains du porte avions USS George Washington. 

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Agapanthe 06 - De février à juin 2006

Toujours en Afghanistan, les Rafale Marine effectuent des missions de contrôle de l'espace aérien à partir du Charles de Gaulle. Leurs vols durent en général plus de quatre heures, avec ravitaillements. Cette campagne aura aussi permis de valider des emports d'armement au point d'emport central sous fuselage: le SCALP-EG, l'ASMP-A et l'Exocet seront ainsi testés sur ce point d'emport. 

Des exercices avec d'autres forces aériennes (Inde, Etats-Unis, Emirats Arabes Unis), ont aussi eu lieu. En mai, ce sont plus de 600 patrouilles au desssus d'Afganistan qui ont été effectuées. 

A partir de mars 2007 - Arrivée en Afghanistan du Rafale F2

Avec ce Rafale F2, la France a pu réaliser des soutiens aériens aux troupes au sol et notamment des tirs de bombes guidées laser (GBU-12)*Le Rafale F2 va donc naturellement prendre le dessus sur les Rafale F1. Ce "nouveau" Rafale permet aussi une coopération pousséé avec le troupes américaines, puisqu'il est capable d'apponter et d'être catapulté depuis les porte-avions de l'US Navy. Le Rafale a prouvé cette capacité en se posant sur l'USS Enterprise.

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D'avril à mai 2008, les Rafale seront aussi très sollicité en Afghanistan. C'est à cette période qu'un AASM est tiré pour la première fois sur une zone d'opération. Description de ce moment dans Rafale en Afghanistan par le Capitaine Romain, pilote de Rafale. 

"Levé 6h30 ... J'arrive en zone ops, j'y ai mes marques maintenant.

Aujourd'hui je vole avec un armement nouveau, qui entraîne une nouvelle procédure de tiret surtout de nouvelles règles d'engagement ... Mon objectif premier est d'être certain de ne pas tirer sur des innocents ... l'aspect absolument nouveau de cette bombe (GPS / INS seulement) avec laquelle on ne vise pas parce qu'elle se dirige elle même sur les coordonnées qu'on lui a donné ...

Ma seconde priorité est de délivrer l'armement rapidement et précisément si on me le demande. Cela impose le positionnement précis de l'avion au point de tir dans un temps restreint pendant lequel il faudra faire les vérifications systèmes et lever les verrous des règles d'engagement en dialoguant avec le contrôleur au sol ...

L'enchainement des pages systèmes sur mes visualisations doit être orchestré pour gagner un maximum de temps ... Je révise mes actions en privilégiant l'utilisation des 34 boutons multiplexés à ma disposition sur le mini manche et l'énorme manette des gaz ...

"Retaskés" (changement de la mission prévue au cours du vol), nous rejoigons notre zone ...

Puis soudain, le centre de commandement nous appelle sur "Garde(fréquence de "veille"), nous demande de passer sur "Green(en communication cryptée) et nous annonce que nous sommes retaskés sur un accrochage "TIC" (Troop In Combat) ... Le contrôleur avancé nous informe rapidement de la situation:  ils ont été pris à parti par des Talibans. Les alliés ont riposté et ont forcé les insurgés à se réfugier dans un "compound" (maison) ...

L'AASM étant guidé via GPS, nous sommes en mesure de tirer au bon endroit ...

Le contrôleur nous annonce que ses coordonnées ont une excellente précision. Je lui répond "In Hot(prêt à tirer). Je lui demande ainsi de m'autoriser au tir. Il m'annonce "stand by - stand by" pour dégager la zone. Trois minutes plus tard, il m'annonce "Clear Hot", c'est sa façon de me dire que je suis autorisé à tirer ...

L'avion s'incline légèrement au "glong" des 300 kg éjectés sous l'avion. "Out hot, impact in few seconds". J'ouvre par la gauche pour me placersur un arc de cercle, la wheel autour du target et surveiller l'impact de la bombe ...

Je lui demande : "confirm B-D-A" (Battle Damage Assesment). Après de longues secondes, il me répond "good shot, stand by for more" ! ...

La bombe a impacté à 10 mètres du point visé ... C'est le premier tir d'un AASM sur un théatre."


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Agapanthe 2010 - Octobre 2010 à février 2011

Le Rafale standard F3 est arrivé et il est donc utilisé, toujours sur le Charles de Gaulle et au dessus de l'Afghanistan. Grâce au standard F3 et l'arrivée du pod RECO-NG, des missions de reconnaissance sont attribuées aux 10 Rafale présents. Ils effectuent aussi les missions d'appui des troupes au sol avec les AASM et les GBU. A noter aussi, l'utilisation de la configuration super-nounou, qui fait du Rafale un ravitailleur. Ce sont environ 240 sorties qui ont été effectuées par le Rafale durant cette opération. Des exercices bilatéraux avec les autres Marine sont encore réalisés.

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 Après cette opération, la Marine aurait tiré, en tout, 86 AASM et 156 GBU par ses Rafale depuis que ses deux armements sont disponibles sur Rafale.

HARMATTAN : Mars à octobre 2011

Le 19 Mars 2011, les opérations de protection du peuple lybien commençaient, et les Rafale étaient déjà impliqués: quatre Rafale F3 de l'armée de l'Air décollent de la base de Saint-Dizier dans la matinée. Deux autres suivront peu après. L'intervention aérienne de la coalition a pour but tout d'abord de mettre en place une zone d'exclusion aérienne (No Fly Zone, NFZ) en interdisant les vols dans l'espace aérien de la Lybie (sauf ceux décicés par la coalition évidemment). Les Rafale, comme les autres aéronefs engagés dans l'opération, ont donc dû conduire des missions d'interdiction aérienne (c'est à dire être en mesure de neutraliser un aéronef non autorisé dans la NFZ). Aussi, pour assurer la sécurité des vols de la coalition, les défenses sol-air des troupes de Kadhafi devaient être neutralisées et les Rafale ont été mis à contribution pour cet objectif. Enfin les objectifs à vocation militaire de Kadhafi doivent être neutralisés pour la sécurité du peuple Lybien et donc des frappes aériennes doivent être réalisées. Des missions de reconnaissance sont aussi indispensables à la réussite de l'opération. Le caractère omnirôle du Rafale F3 convient donc parfaitement aux objectifs de l'opération Harmattan. 

Le lendemain, l'appareillage du Charles de Gaulle commençait pour être engagé dans l'opération deux jours plus tard, notamment 8 Rafale M F3 et 6 Super-Etendard Modernisés qui doivent prendre part à Harmattan depuis le porte-avions. Au niveau des autres chasseurs de l'armée de l'Air, les Mirage F1 CR, Mirage 2000 D et N ont participé aux missions. Au début de l'opération, ces chasseurs de l'armée de l'air se rendent à la base aérienne avancée de Solenzara (Corse) et opèrent depuis celle-ci. Plus tard, deux autres BA avancées seront utilisées: Sigonella (Sicile) où se trouveront 5 Rafale et La Sude (Crète) qui n'accueillera pas de Rafale.

Durant les 8 mois de cette opération réussie, les Rafale ont fortement été mis à contribution, comme l'atteste le bilan des munitions tirées suivant:

Rafale B et C : 1039 sorties pour 4539 heures de vol (plus de 4h15 de vol en moyenne)

  • 120 GBU-12 (sur 288 en tout)
  • 139 AASM
  • ? SCALP-EG (utilisés pour la première fois en opération, l'armée de l'air en a tiré 11 mais ils peuvent être aussi bien tirés depuis Mirage 2000)
  • D'autres GBU(22/24/49) sont tirées (276 tirs) mais il semblerait qu'elles n'aient pas été tirées depuis Rafale

Rafale M : 616 sorties pour 2364 heures de vol ( plus de 3h45 de vol en moyenne)

  •  80 AASM
  • 4 SCALP-EG
  • ? GBU-12 (La Marine en a tiré 134 mais ils peuvent aussi être tirés depuis Super-Etendard Modernisés)

 On estime aussi que 45% des sorties se sont faite avec le pod RECO-NG, des Rafale M ont aussi effectué des missions en ravitailleur. 

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SERVAL - Depuis janvier 2013

Le 13 janvier 2013, deux jours après le lancement de l'opération de soutien des forces armées maliennes menée par la France, quatre Rafale décollent de Saint Dizier pour prendre part à l'intervention. Cette intervention a pour but de stopper l'avancée des troupes djihadistes fortement présentes dans le nord du Mali et qui essaient de progresser vers le sud. La sécurité du peuple malien et de nombreux ressortissants français est alors engagée. La Marine n'est cette fois pas engagée mais l'armée de l'air française est mobilisée pour conduire des frappes aériennes. Les premiers Rafale ayant décollé le 13 janvier ont frappé avec succès des dépôts logistiques et camps d'entrainements des djihadistes. Ce premier dispositif de quatre Rafale (1 monoplace et 3 biplaces) qui emportaient des GBU-49 et des AASM avec le pod Damocles a établi un record d'endurance pour une mission d'un chasseur français. En effet celle-ci a duré 9h35. Des Mirage F1 CR et des Mirage 2000D participeront ensuite aux missions.

Plus tard dans le conflit, quatre Rafale ont rejoint la base aérienne avancée de N'djamena au Tchad. Cette base gérée par les forces françaises accueille en permanence des Mirage 2000 D (peu de Mirage F1 y sont toujours basés), et les Rafale s'y sont installées pour la durée du conflit, et sont donc au plus près du théâtre d'opérations pour agir efficacement.

Le 26 janvier, une centaines de bombes ont déjà été tirées par l'aviation française. Le cap des 200 bombes tirées est passé le 20 février.

Le 8 mars, Le Mamouth annonce qu'il y a désormais 8 Rafale au total déployés à partir de N'Djamena. Les deux derniers Mirage F1CR qui étaient encore présents à la base Tchadienne sont alors remplacés et de nouveaux Rafale viennent renforcer le dispositif de l'opération Serval, aux côtés des Mirage 2000D.

Ci dessous, les Rafale à N'Djamena en photos et vidéos.

424410-483896188322778-1612961797-n.jpg mise en place GBU-49.png

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